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Tables rondes - Le descriptif

Jeudi 16 Octobre

Jour 1 - Jeudi 16 Octobre 2008

  • 14h
  • Table ronde "Les inégalités éducatives"
  • Modérateur : Kaïs Marzouki, directeur de l'Action éducative à l'Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l'Egalité des chances (ACSé),
  • Intervenants :
    Alexandra Felder, sociologue, chargée de recherche à la Haute école de travail social de la Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO), Genève ,
    Michel Dollé, rapporteur général du rapport du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC), L’insertion des jeunes sans diplôme,
    Carla Nagels, Docteur en criminologie, Université Libre de Bruxelles,
    Françoise Lorcerie, sociologue.
  • Sujet :
    Les conditions de vie ainsi que le capital culturel et social des parents ont une grande importance dans la réussite scolaire des enfants, notamment pour ceux vivant dans les quartiers prioritaires populaires et pour les enfants immigrés et issus de l’immigration.
    Grâce à certaines politiques publiques mises en oeuvre, quelques améliorations ou éléments positifs sont à noter. C’est ainsi qu’en France :
    - le pourcentage d’élèves en retard de deux ans ou plus en 6ème a diminué dans les mêmes proportions dans les collèges en ZUS ;
    - dans tous les cas de figure, les jeunes filles ont un parcours scolaire qui se rapproche du parcours commun ;
    - à catégories socioprofessionnelles identiques, les enfants de familles immigrées réussissent au moins aussi bien que ceux des familles françaises.

    Malgré cela, certaines études démontrent que l’école ne joue plus suffisamment ce rôle de promotion sociale et qu’elle contribue plutôt à la reproduction des inégalités scolaires et sociales. Ainsi, pour la France, 27% des élèves issus de l’immigration préparent un baccalauréat général, contre 40% des élèves de parents français et 55%, contre 40%, sont orientés vers les filières technologiques et professionnelles. Les mêmes tendances se retrouvent concernant les quartiers en politique de la ville où, par exemple, entre les années scolaires 2003-2004 et 2004-2005, les écarts se sont creusés au détriment des ZUS, qu’il s’agisse du devenir des élèves de 3ème orientés vers une seconde professionnelle, de la proportion d’élèves redoublant la seconde ou du taux de réussite au brevet en 2004-2005.
    Au total, ces jeunes sortent du système de formation initial avec un bagage scolaire nettement plus faible que les autres jeunes. Ainsi, leurs conditions d’insertion professionnelles en sont rendues plus difficiles : niveau de chômage particulièrement élevé, délais d’insertion dans un emploi stable plus long, maintien plus fréquent dans une situation d’inactivité.
    Dans la tranche d’âge des 16-18 ans, la question est, en quelque sorte, encore plus cruciale. Comment en effet prévenir les échecs, comment intégrer et insérer des jeunes qui ne sont plus soumis à l’obligation scolaire mais qui sont encore mineurs, qu’ils soient jeunes primo-arrivants, jeunes issus des quartiers populaires, jeunes étrangers ou issus de l’immigration ou tout cela à la fois ? Plus généralement, comment faire lorsque ceux-ci se trouvent confrontés à des interruptions de leur parcours scolaire et éducatif ? Comment faire en sorte de casser le cercle vicieux de la reproduction sociale stricte et de la mise à l’écart, qui, au delà de leur appartenance à certaines catégories socio-professionnelles et de leurs lieux d’habitation recoupe assez étroitement leurs origines ethniques, religieuses et leur sexe ?
    La question se pose-t-elle dans les autres pays européens dans des termes analogues ? La catégorie des 16-18 ans recouvre-t-elle les mêmes réalités et présente-t-elle potentiellement les mêmes risques ? Quelles politiques publiques les autres pays européens mettent-ils en œuvre pour éviter sinon dépasser cette situation fondamentalement inégalitaire ?